LETTRE OUVERTE A SERGE BLANCO

Suite à une interview diffusée dans le midi olympique du 6 juin dernier, Serge Blanco est revenu sur différents sujets. Il fut question de la politique fédérale, du quinze de France, du grand stade ou du vote décentralisé. Des élus membres du comité directeur de la FFR et présidents de comités territoriaux ont été mis en cause par le vice-président (« …si j’étais à leur place, je l’ouvrirai, je défendrai mes idées… »). Henri Mondiono (président du comité territorial de Rugby de Côte d’Azur), Christian Dullin (président du comité territorial de Rugby des Alpes), Patrick Buisson (président du comité territorial de Rugby de Provence) et Sébastien Rière (président du comité territorial de Rugby de Mayotte) respectent à la lettre les propos de Blanco et apportent des réponses et des précisions sur plusieurs sujets.

En réponse à l’entretien avec Serge Blanco paru dans le MIDOL du 06 juin 2016.

 

Par Henri Mondino – Christian Dullin – Patrick Buisson – Sébastien Rière membres du Comité Directeur de la FFR et Présidents de Comités Territoriaux.

Serge Blanco nous a violemment mis en cause. Elus impliqués de longue date sur nos territoires et au sein du Comité directeur de la FFR, nous tenons à répondre dans ces colonnes.

Nous passerons sur le manque d’élégance formelle. Nous nous contenterons de relever les inexactitudes et autres approximations de Serge Blanco.

Faire du XV de France une priorité est une intention louable, mais entachée d’un oubli majeur : nos 1885 clubs. Sans eux, pas de réussite possible du Rugby français. Or Serge Blanco affirme que leurs présidents sont préoccupés par leurs seuls intérêts et « ne pensent qu’à leur gueule ! ». C’est d’un irrespect total.

Nous sommes au contact de ces dirigeants. Ils forcent notre admiration.

La campagne pour l’élection du futur président de la FFR exigeant une certaine réserve, nous n’évoquerons pas les quelques échecs jalonnant le parcours de dirigeant de Serge.

Par contre, nous ne lui épargnerons pas l’inventaire de son action au sein de l’Equipe de France lors de la dernière Coupe du Monde dont il s’était autoproclamé Grand Sauveteur.

Cette réalité devrait rendre Serge plus mesuré dans les leçons qu’il entend donner à tous.

Quant à notre supposée apathie au sein du Comité Directeur, devons-nous rappeler à Serge que nous avons été les seuls à exiger des comptes sur des dossiers engageant l’avenir de la FFR : le grand stade, le vote décentralisé, nos finances, la féminisation des instances…?

Serge Blanco affirme que Pierre Camou est pour le vote décentralisé. Pourtant nous avons dû nous battre pour éviter que la FFR ne l’enterre à l’AG de décembre 2015.  Nous avons du nous battre pour obtenir l’avis favorable du Ministre des Sports que la FFR n’a toujours pas produit. Enfin, dernière victoire en date, nous avons intenté un référé au Tribunal Administratif en lieu et place de la FFR, référé qui a été accepté et dont l’audience aura lieu le 22 juin prochain.

Le vote décentralisé n’est donc toujours pas mort ce qui doit ravir Pierre Camou si l’on croit les propos de Serge Blanco.

L’exemple du Grand Stade est également révélateur. Notre action a permis de révéler que le rapport de la Cour des comptes de décembre dernier fait voler en éclat les visions toujours optimistes de Serge Blanco.

La Cour des comptes pointe, entre autres, un projet au financement confus, complexe, peu conventionnel qui risque de dégrader les ressources les plus sûres de la FFR sur 20 ans. Elle constate une surestimation des recettes espérées, sans évaluation sérieuse de l’état du marché et de la concurrence.

Elle s’inquiète du niveau d’endettement consenti et estime à 50 millions d’euros le montant maximum des capitaux propres de la FFR. Elle rappelle l’échec cuisant des débentures et alerte sur l’alternative d’une entrée au capital d’une société extérieure synonyme de dégradation rajoutée du plan de financement. De son côté, Serge Blanco annonce 70 millions de capitaux propres et la participation de la Caisse des dépôts, sans preuve ni précision. Enfin, la Cour rappelle que la garantie d’emprunt du Conseil Départemental de l’Essonne, toujours hypothétique malgré les assertions de Serge Blanco, n’est possible qu’à la condition d’un montage financier abouti, ce qui est loin d’être le cas. Enfin elle encourage la FFR à ne pas s’engager plus avant. Fermer le ban !

Devant tant de critiques de la Cour des comptes que l’on ne peut accuser de partialité, nous demandons à ce que ce rapport soit rendu public afin que nos 1885 Clubs puissent prendre connaissance d’une réalité objective. Serge Blanco, pourfendeur de la désinformation, ne pourra que s’en réjouir.

C’est le sort de nos 1885 clubs et de nos 450.000 licenciés qui est en jeu !

Il est indécent de s’obstiner et de dépenser des millions d’euros en études inutiles. Les priorités sont ailleurs : alléger les contraintes de nos clubs, mettre la priorité sur la formation, sur le développement du 7 et du féminin, sur les réformes permettant à nos équipes nationales de rayonner durablement.

Nous continuerons donc avec Bernard Laporte, à poursuivre notre objectif : défendre les intérêts de nos clubs pour faire gagner le rugby français.