Bernard Laporte compare la Fédération française de rugby à la Corée du Nord

Article paru le 12 novembre 2015 dans Le Figaro

LE SCAN SPORT – Candidat à la présidence de la FFR, l’ancien sélectionneur des Bleus craint que l’institution se transforme en dictature isolée au sein du sport français.

Le 2 novembre dernier, Bernard Laporte publiait un communiqué dans lequel il appelait les candidats à la présidence de la Fédération française de rugby à la mesure et au respect dans leurs propos de campagne. Une prise de parole sage après la sortie dans les médias d’un jeu de mots sur le nom de l’actuel président, Pierre Camou («Bernard Laporte s’attaque au cas Camou.»)

Lundi, l’ancien patron des Bleus n’a pas dérapé ni manqué de respect à ses adversaires mais certains de ses mots ont pesé très lourd lorsqu’il a qualifié la Fédération française de rugby. «Je ne veux pas que la FFR soit la Corée du Nord du sport français», a-t-il expliqué en pleine campagne au Cannet des Maures (Var). «La Fédération est tellement imprenable que personne ne pense qu’il peut présenter une liste, donc seulement 10 % des clubs montent à Paris pour voter. Personne ne rend de comptes parce que depuis cinquante ans il n’y a qu’une liste», a poursuivi Laporte comparant la FFR à la dictature nord-coréenne.

Pour bousculer l’ordre établi, l’entraîneur du RC Toulon appelle à une révolution au sein d’une citadelle intouchable. La Fédération «est tellement imprenable que personne ne pense qu’il peut présenter une liste, donc seulement 10% des clubs montent à Paris pour voter. Personne ne rend de comptes parce que depuis cinquante ans il n’y a qu’une liste», a poursuivi le technicien toujours en croisade contre le projet du grand stade de rugby.

Sur ce sujet, Bernard Laporte dénonce les «14 millions d’euros dépensés rien qu’en études» et le manque évident de fonds pour mener à bien la construction. «Il faut de l’argent, quand on dit qu’il faut 600 millions d’euros et qu’on apporte 320 000 euros, on fait rire tout le monde. Ce grand stade, bien sûr qu’il ne verra jamais le jour: qui va le financer?»

Annoncé au départ pour 2017, le grand stade dédié au rugby à Ris-Orangis ne sortira pas de terre avant 2021. Le dossier reste plombé par plusieurs incertitudes et notamment la desserte du RER et la multiplication des concertations publiques.

Gilles Festor

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