Bernard Laporte passe à l’offensive à Nevers : « assumer, c’est démissionner »

Article paru le 21 octobre 2015 dans le Journal du Centre

Bernard Laporte, candidat au poste de président de la Fédération française de rugby, est venu présenter son programme, mardi 20 octobre 2015, à Nevers, dans les installations du Pré-Fleuri.

A l’heure où le rugby français a besoin d’entamer sa révolution, Bernard Laporte, qui souhaite incarner ce renouveau en briguant la présidence de la FFR, trimballe son programme à travers la France de l’ovalie. De réunion publique en réunion publique depuis fin août et, occasionnellement, sur les antennes de RMC ou TF1. Hier, c’est à Nevers que l’ancien sélectionneur du XV de France, avec son équipe de campagne menée par le lieutenant Serge Simon, a dévoilé son plan, trois jours après la retentissante humiliation administrée par les All Blacks aux joueurs de Philippe Saint-André en quart de finale de la Coupe du monde. Dans son viseur, les dirigeants fédéraux, Pierre Camou et Serge Blanco en tête, ses probables futurs concurrents dans un peu plus d’un an, et « les petits accords entre gros pardessus ».

Après l’élimination du XV de France de la Coupe du monde, comment le rugby français doit-il rebondir ? C’est une fin tragique que nous avons vécue à Cardiff. Ça fait mal d’assister à la pire contre-performance de l’histoire du rugby français. Mais c’était une défaite prévisible. La FFR est à la dérive et a touché le fond. Le président (Pierre Camou) dit vouloir assumer cet échec total. Ce ne doit pas être par des mesurettes, le mal est plus profond. Il a deux solutions. Assumer, c’est démissionner ou proposer un vote de confiance aux présidents de club. Il y a un bureau fédéral exceptionnel organisé jeudi matin (demain), il ne serait pas décent de continuer.

C’est le fonctionnement même de la FFR que vous ciblez ? La FFR doit rendre des comptes aux clubs, qui devraient être décisionnaires. Aujourd’hui, c’est une forteresse lointaine, sourde et parfois méprisante, une institution où la présidence se transmet sans vrai vote. Avec une liste unique, la FFR est la Corée du Nord du sport français, par une parodie d’élection avec la participation de 10 % des 1.885 clubs français. Le désastre de la Coupe du monde me donne raison, il faut rendre la fédération aux clubs. La FFR évoluera parce que la société a changé, qu’on ne peut plus couper les têtes qui ne vous reviennent pas.

« Les internationaux doivent moins jouer pour être compétitifs »

Les maux semblent nombreux. À quoi vous attaqueriez-vous en priorité si vous étiez élu ? La priorité, c’est le XV de France, qui est la vitrine du rugby français. Depuis huit ans, nous avons perdu du terrain sur nos concurrents européens, puisqu’il n’y a plus que l’Italie qui soit derrière nous aujourd’hui. Si rien n’est entrepris, la claque prise contre la Nouvelle-Zélande samedi se renouvellera dans quatre ans et dans huit ans. Ce sera peut-être en demi-finale, mais on n’y arrivera pas sans réforme profonde. Les internationaux doivent moins jouer pour être compétitifs. Il faut établir un nouveau calendrier, sans négliger les clubs professionnels, qui représentent aussi le rugby français sur le plan international.

La formation doit-elle aussi être repensée ? Ça fait partie des chantiers, mais tout est lié. Il faut aussi que l’on parvienne à entrer dans les écoles, comme a réussi à faire le handball. Si je suis élu, on créera cent postes de cadres techniques supplémentaires, il faut aussi revoir le contenu et la stratégie de formation. Au haut niveau, on a toujours le couteau sous la gorge. Tous les matches sont importants et on a du mal à titulariser nos jeunes joueurs.

Guillaume Clerc

guillaume.clerc@centrefrance.com

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